Mochilas Wayuu, le travail artisanal du peuple indigène de la Guajira

Tous nos Mo’chillin sont des articles artisanaux, faits à la main par les femmes de la Rancheria Mañatu, une communauté Wayuu située à environ une heure de Riohacha, la capitale de la Guajira.

Elles fabriquent les sacs (mochilas), pochettes, hamacs, bracelets, de manière totalement artisanale, en suivant le même procédé que leurs ancêtres. La technique utilisée pour les mochilas Wayuu est le crochet, qui permet d’obtenir ces sacs bourses (ou besaces) « d’un seul tenant », sans coutures. Ce savoir-faire traditionnel de grande qualité est transmis de génération en génération, de mère en fille.

Mais c’est quoi l’histoire de cette tradition artisanale ? Pourquoi les habitantes de ce désert tissent-elles des sacs en crochet ? Un peu de mythologie pour voyager dans la culture Wayuu…

Légendes de Wayuu…

Bienvenus chez les Wayuus ! Une tribu indigène fière et téméraire.

Leur langue est le Wayuunaiki, et ils s’identifient comme le « peuple du sable, du soleil et du vent ». Leur mission : de transmettre le « moral du désert ».

 

La légende du désert nous raconte que…

« Il était une fois une araignée connue sous le nom de Walekerü, qui tissait des ceintures et des sacs à la lumière de la lune. Une nuit, une fillette s’est approchée d’elle pour louer son habileté avec le fil. L’araignée, émue, offrit de lui enseigner son trésor le plus précieux : l’art du tissage. Pendant plusieurs lunes, la fillette tissa sans s’arrêter jusqu’à ce qu’elle soit capable de reproduire l’art de son professeur, l’araignée. Lorsque la jeune fille atteignit l’âge adulte, avec ses premières menstruations, l’araignée disparut dans les branches d’un arbre, laissant en héritage la technique du tissage Wayúu. »

Certains disent que l’origine de ce tissage provient d’une autre légende :

Un chasseur aurait trouvé, au milieu d’une forêt, une orpheline, également appelée Walekerü, qu’il aurait décidé d’adopter et de laisser en charge à ses trois soeurs. La fille se sentit assez vite rejetée par les femmes. Et dans les nuits de solitude, à la lumière de la lune, elle tissa de précieuses pièces qu’elle offrit en cadeau au chasseur.

Les sœurs, jalouses de son habileté, décidèrent de l’espionner. Et voyant qu’un fil émané de sa bouche, elles s’enfuirent effrayés. Elles coururent vers le chasseur pour l’avertir que ces pièces n’étaient pas tricotées par une fillette, mais par le diable. La jeune fille, après avoir été découverte, s’emplit de colère et transforma les trois soeurs en chauves-souris. Le chasseur se mit à sa poursuite et quand il la rattrapa, il trouva un lambeau de toile d’araignée entre ses mains. La petite disparut dans les branches d’un arbre. Le chasseur offrit alors les pièces tissées à la tribu Wayuu pour qu’ils apprennent l’art du tissage.

Le tissage, un savoir-faire de femmes

À l’origine, les filles commençaient donc à apprendre le tissage au moment de l’apparition de leurs premières menstruations. Comme un rite de passage à l’âge adulte, les adolescentes étaient isolées dans une cabane, éloignée de la maison familiale, dans laquelle elles ne recevaient la visite que de leur mère et de leur grand-mère. Durant les mois, voire années d’isolement, les jeunes femmes apprenaient le tissage au crochet et passaient leur temps à fabriquer des sacs.

Cet artisanat est très riche, notamment riche de ces dessins traditionnels. Les motifs dessinés sur les sacs, sont appelés kaanás, ils représentent la façon qu’ont les Wayuu de concevoir et d’exprimer leur vie. Les diseños kaanás sont l’expression la plus authentique de la façon dont les Wayúu interprètent leur monde matériel, leur vie quotidienne, en créant des figures stylisées d’un grand symbolisme. Les compositions sont élaborées par la répétition de figures géométriques qui, unies les unes aux autres, créent le dessin de la mochila.

Savoir tisser démontre la capacité à être femme et mère. Mais le tissage de mochilas (activité qui est donc exclusivement féminine) confère également aux femmes Wayuu une forme de prestige dans la communauté. D’autant plus aujourd’hui, puisqu’une grande partie de l’équilibre économique des familles repose sur cette activité.

Les sacs Wayúu jouent un rôle important dans l’artisanat colombien. Ce sont des produits 100% artisanaux qui racontent une histoire, l’histoire d’une communauté et ses traditions. ils constituent un élément fondamental du patrimoine culturel du pays.

 

 

 

 

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